J’ai comme un fond de vague à l’âme ce matin… Déjà, hier, un ami de Cotonou m’a demandé — à travers la messagerie instantanée — quand je reviens, j’ai répondu « quand je trouverai du travail, mais ça n’en prend pas le chemin… »
Je deviens accro à la messagerie instantanée, que j’utilisais très très peu auparavant, et j’ai échangé « Pidgin » pour « Miranda IM », lui aussi multi-comptes et multi-protocoles, mais auquel on peut ajouter des fonctionnalités supplémentaires sous forme de plugins : ainsi, je peux connaître en temps réel l’heure locale et la météo des nombreux endroits où je possède des amis (sourire). Il existe même un plugin pour Facebook, qui me permet d’être informé en temps réel des évènements qui concernent mes amis — parce que j’ai un compte sur Facebook, bien sûr, comme sur de nombreux autres réseaux sociaux tout autour de la planète !
Le fond du problème — qui n’est un problème que parce que je suis en France — c’est que j’ai le mal du pays : Cotonou me manque, et l’Afrique sub-saharienne en général, la gentillesse des gens, les paysages souvent surprenants, les petits étals sur les trottoirs et les vendeurs ambulants, et même le soleil qui tape pourtant si fort que j’ai parfois l’impression que mon cerveau va se mettre à couler par les oreilles…
A Cotonou, on m’avait surnommé dans la rue « le Yovo qui marche partout », parce que je n’avais pas toujours cent francs pour prendre un zem, qui coûte d’ailleurs rarement cent francs pour les Yovos, et donc j’ai parcouru la ville à pied dans tous les sens, du Nord au Sud et d’Ouest en Est, très souvent (sourire).
Je lisais récemment un article sur la Françafrique, à l’occasion de la sortie du livre « L’Afrique en face » de Vincent Hugeux, grand reporter à l’Express, et selon lui, « l’Afrique rend fou ou sage. Ou les deux »… Quant à moi, je ne doute pas qu’elle m’ait rendu un peu fou, si je ne l’étais pas déjà à l’avance; mais ni Savenay où je suis né ni même Nantes, la plus grande métropole à proximité, ne m’ont jamais fait cet effet, et je sais que désormais, pour le meilleur comme pour le pire, mon coeur appartient à l’Afrique : d’ailleurs, si un grand morceau de ce continent a profité de mon absence pour venir s’installer en France, comme j’en ai l’impression ces temps-ci, n’est-ce pas la preuve que ma place est encore là-bas, ne serait-ce que pour respecter le principe des vases communicants ?
L’ »immigration choisie » chère au coeur de certains ne se doit-elle pas de fonctionner dans les deux sens ?